Commander une lampe depuis deux endroits différents (en haut et en bas d’un escalier, à chaque extrémité d’un couloir) demande un montage particulier : le va-et-vient. Contrairement à un interrupteur simple qui coupe ou ferme un seul circuit, le va-et-vient utilise des fils supplémentaires appelés navettes. Voici la méthode complète pour réaliser ce branchement sans se tromper.
Qu’est-ce qu’un interrupteur va-et-vient et comment ça marche ?
Un interrupteur va-et-vient fonctionne toujours par paire. Chaque appareil possède trois bornes au lieu de deux sur un interrupteur simple : une borne d’entrée (L) et deux bornes de sortie (souvent notées 1 et 2). Le principe repose sur le fait que le courant circule à travers les deux points de commande via deux fils de liaison, les navettes, qui basculent d’un circuit à l’autre selon la position des interrupteurs.
Concrètement, actionner l’un ou l’autre des deux interrupteurs modifie le trajet du courant. Si les deux appareils sont dans une position dite « en phase », le circuit est fermé et la lampe s’allume. Dès qu’on actionne un des deux points de commande, le circuit s’ouvre et la lumière s’éteint, quel que soit l’interrupteur utilisé la fois suivante pour la rallumer.
Les fils électriques nécessaires pour le branchement
Phase, navettes, retour lampe et terre
Pour réaliser ce câblage, plusieurs fils sont indispensables. La phase arrive depuis le tableau électrique jusqu’au premier interrupteur. Deux navettes relient ensuite les deux interrupteurs entre eux : elles transportent le courant d’un point de commande à l’autre selon la position choisie. Un fil de retour lampe part du second interrupteur jusqu’au point lumineux, et un fil neutre relie directement le tableau au luminaire sans passer par les interrupteurs.
Le fil de terre, généralement de couleur vert et jaune, doit être présent sur le point lumineux si le luminaire l’exige, mais il ne transite pas par les interrupteurs eux-mêmes. Les navettes utilisent traditionnellement un fil violet et un fil orange, ce qui facilite leur identification lors du câblage, même si aucune couleur normalisée n’est imposée pour elles contrairement à la phase (souvent rouge ou marron) et au neutre (bleu).
Schéma de branchement d’un va-et-vient (2 interrupteurs)

Le schéma électrique d’un va-et-vient classique s’organise ainsi : la phase venant du disjoncteur arrive sur la borne L du premier interrupteur. Les bornes 1 et 2 de ce premier appareil sont reliées par les deux navettes aux bornes 1 et 2 du second interrupteur. La borne L du second interrupteur repart ensuite vers le luminaire via le fil de retour lampe, tandis que le neutre relie directement le tableau électrique au point lumineux.
| Fil | Rôle | Trajet |
|---|---|---|
| Phase | Alimente le circuit | Tableau → borne L du 1er interrupteur |
| Navette 1 et 2 | Relient les deux interrupteurs | Bornes 1/2 entre les deux appareils |
| Retour lampe | Alimente le luminaire | Borne L du 2e interrupteur → luminaire |
| Neutre | Ferme le circuit électrique | Tableau → luminaire directement |
Étapes pratiques pour brancher vos interrupteurs
Brancher le premier interrupteur
Après avoir coupé le courant au disjoncteur (étape non négociable), dénudez les fils sur environ un centimètre. Raccordez la phase venant du tableau électrique sur la borne L du premier interrupteur. Connectez ensuite les deux navettes sur les bornes 1 et 2 restantes, en vous assurant que le serrage est ferme sur le bornier.
Brancher le second interrupteur
Sur le second point de commande, les deux navettes viennent se fixer sur les bornes 1 et 2, dans le même ordre que sur le premier appareil pour éviter toute inversion. La borne L de ce second interrupteur reçoit le fil de retour lampe, qui rejoindra le luminaire. Une fois les deux appareils câblés, remettez le courant et testez le fonctionnement depuis chaque point de commande.
Inverser une navette entre les deux interrupteurs ne provoque pas de court-circuit, mais le va-et-vient ne fonctionnera plus correctement : la lampe pourra s’allumer seulement depuis un point ou nécessiter deux actions successives pour changer d’état. Si ce problème survient, croisez les fils des bornes 1 et 2 sur l’un des deux appareils.
Précautions de sécurité et norme NF C 15-100
Avant toute intervention, couper le courant au niveau du disjoncteur concerné reste la règle absolue, même pour une opération qui semble simple. Vérifiez l’absence de tension avec un multimètre ou un testeur avant de toucher les fils. La norme NF C 15-100 encadre ce type d’installation domestique, notamment sur la section des fils utilisés et la protection du circuit d’éclairage par un disjoncteur dédié généralement calibré à 10 ou 16 ampères.
Le choix entre une installation en saignée (fils encastrés dans le mur) ou en saillie (câblage apparent, souvent en moulures) dépend du contexte : rénovation légère ou construction neuve. La saillie convient bien pour ajouter un point de commande sans travaux lourds, tandis que la saignée reste privilégiée pour un rendu esthétique définitif. En cas de doute sur la conformité de l’installation, faire appel à un électricien reste la solution la plus sûre.
Le double va-et-vient : principe et branchement

Certaines pièces nécessitent de commander deux luminaires distincts depuis les deux mêmes points, ou d’ajouter un troisième point de commande. On parle alors de double va-et-vient, qui repose sur le même principe mais nécessite un interrupteur va-et-vient double ou l’ajout d’un interrupteur intermédiaire (dit « permutateur ») entre les deux existants.
Pour un double va-et-vient commandant deux circuits d’éclairage séparés, chaque circuit dispose de ses propres navettes et de son propre retour lampe, mais partage souvent la même arrivée de phase et le même neutre au tableau électrique. Ce montage demande davantage de rigueur dans le repérage des fils, d’où l’intérêt de noter ou d’étiqueter chaque navette avant de les connecter au bornier.





