Octobre arrive, l’humidité remonte et vous rebranchez l’appareil sans y penser. Il ronronne toute la nuit, la cave semble sèche au réveil, et vous ne regardez jamais ce qu’il consomme. Or l’ADEME cite dans son guide sur la facture d’électricité un cas qui fait réfléchir : un déshumidificateur de cave a consommé 1 400 kWh sur l’année, soit 352 € au tarif de septembre 2024.
Ce chiffre ne vaut pas pour tout le monde, on y revient plus bas. Mais il pose la bonne question : votre appareil travaille-t-il vraiment, ou tourne-t-il pour rien parce qu’il est mal placé et mal réglé ? Voici comment faire pour qu’il serve à quelque chose.
Où placer le déshumidificateur pour qu’il serve vraiment
Le premier réflexe, celui de le caler dans un coin ou contre un mur, est le pire. Un déshumidificateur de cave aspire l’air de la pièce, en retire l’eau, puis le renvoie. S’il est collé à une paroi ou coincé dans un angle, il brasse toujours la même poche d’air et laisse le reste de la cave tel quel.
Mieux vaut le placer au centre de la pièce, ou au moins dans la zone la plus humide, avec de l’espace tout autour pour que l’air circule. Gardez une distance au mur suffisante pour dégager les grilles d’entrée et de sortie. Surélevez-le légèrement si le sol est mouillé ou si de l’eau stagne par endroits.
Pour repérer la zone la plus humide, cherchez les traces de condensation sur les murs, les odeurs de renfermé, les premières moisissures sur les cartons ou le bois. Pour l’air de tout le logement, les gestes d’aération contre la moisissure complètent ce traitement. C’est là que l’appareil sera le plus utile. Dans une cave cloisonnée, un seul appareil ne suffit pas toujours : celui qui traite la pièce principale ne fera pas grand-chose pour le cellier voisin.
Porte fermée, volume cohérent
Un déshumidificateur n’a de sens que dans un volume clos. Si la porte de la cave reste ouverte sur le garage ou sur l’extérieur, il tente de sécher un air qui se renouvelle sans cesse. Fermez la porte, bouchez les soupiraux le temps du traitement et vérifiez que la capacité de l’appareil correspond au volume de la cave. L’étiquette de capacité affiche souvent un chiffre mesuré dans des conditions favorables, bien plus chaudes qu’une vraie cave en octobre.
Ce point compte surtout en cave froide. Plus l’air est frais, moins un appareil à condensation rend. Si votre cave n’est pas chauffée, il peut tourner longtemps pour un résultat modeste, ce qui alourdit directement la consommation électrique.
Régler l’hygrostat pour qu’il ne tourne pas pour rien
Une marche continue sans régulation, c’est le scénario qui gaspille. L’hygrostat, quand l’appareil en dispose, mesure l’humidité relative et coupe le moteur dès que le taux d’humidité cible est atteint. Il relance ensuite l’appareil si le taux remonte.
Pour une cave, viser autour de 50 à 60 % d’humidité relative suffit en général à freiner les moisissures. Descendre plus bas fait tourner l’appareil beaucoup plus longtemps pour un gain minime. Si votre modèle n’a pas d’hygrostat réglable, une prise programmable mécanique permet au moins de limiter les heures de marche, et un petit hygromètre posé dans la cave vous indique si le taux est tenu.
Ce qu’il faut vérifier avant une nuit sans surveillance
Un appareil qui tourne pendant que vous dormez doit pouvoir fonctionner seul. Le bac de récupération se remplit, puis l’appareil s’arrête. Résultat : la cave redevient humide au milieu de la nuit. Si le bac est petit, branchez une évacuation continue avec un tuyau qui descend vers un siphon ou une évacuation, en veillant à la pente pour que l’eau s’écoule bien.
Pensez aussi au bruit nocturne. Dans une cave sous la chambre, un compresseur et un ventilateur se font entendre à travers le plancher. Un modèle plus silencieux ou un placement loin de la cloison la plus proche des chambres change la nuit. Enfin, nettoyez le filtre et videz le bac régulièrement : un filtre encrassé oblige l’appareil à forcer pour un résultat moindre.
Ce que coûte un déshumidificateur qui tourne toute la nuit

Revenons au chiffre de l’ADEME, tiré de l’étude Panel Elecdom et repris dans son guide « Comment réduire sa facture d’électricité ? ». 1 400 kWh par an, au prix de 0,2516 € le kWh (celui du 1er septembre 2024), donnent 352 € par an. Dans le logement étudié, cela représentait 43 % de la consommation totale.
Un point change tout dans la lecture de ce chiffre : c’est un cas d’étude, pas une moyenne. Il s’agit d’un seul logement, avec une cave très humide toute l’année. Une cave qui ne s’humidifie qu’à l’automne conduit à une facture différente. Et ces 352 € reposent sur un tarif déjà ancien, donc à prendre comme un ordre de grandeur.
Ramené à la durée, cela fait environ 3,8 kWh par jour, près de 29 € par mois, un peu moins de 1 € par jour. Ce sont de simples divisions du chiffre de l’ADEME, pas des mesures supplémentaires. Le pourcentage, lui, dépend du logement : dans une maison plus gourmande, les mêmes 1 400 kWh pèseraient moins de 43 %. Le chiffre en kWh reste le plus transposable.
Recalculer avec votre propre contrat
Puissance de l’appareil en kW, multipliée par les heures de marche, multipliée par le prix du kWh de votre contrat. Exemple théorique sans lien avec un modèle précis : 300 W pendant 10 heures par jour, c’est 3 kWh quotidiens, soit environ 0,75 € par jour au tarif de septembre 2024. Sur 212 jours, d’octobre à avril, on atteint 636 kWh, autour de 160 €. C’est moins que le cas de l’ADEME, mais ce n’est pas une dépense anodine.
Mesurer sa consommation réelle avant de le laisser tourner
Plutôt que de deviner, mesurez. Le wattmètre se branche entre la prise murale et l’appareil, et affiche la puissance réelle ainsi que les kWh consommés. Le guide de l’ADEME le recommande, au même titre que la prise programmable et la multiprise à interrupteur. Dans le cas d’une cave, c’est le wattmètre qui compte, parce qu’un déshumidificateur pèse sur la facture par ses heures de marche bien plus que par sa veille.
Un test de quelques nuits suffit pour se faire une idée :
- Branchez le wattmètre et placez l’appareil au centre de la cave, porte fermée.
- Réglez l’hygrostat sur le taux d’humidité visé et notez le taux de départ.
- Relevez chaque matin les kWh consommés et les heures de marche pendant une semaine.
- Multipliez la consommation journalière moyenne par le prix du kWh de votre contrat.
Si vous êtes en tarification horaire, faire tourner l’appareil en heures creuses abaisse le prix payé du kWh, mais pas le nombre de kWh consommés. Cela ne remplace donc pas un bon placement ni un bon réglage.
Quand il ne suffit pas : traiter la source de l’humidité

Un déshumidificateur qui tourne sans relâche peut aussi signaler un problème plus profond. Une infiltration par un mur enterré, une fuite de canalisation ou une ventilation insuffisante font remonter l’humidité à mesure que l’appareil la retire. Vous videz alors le bac tous les jours sans jamais gagner la partie.
L’extrait de l’ADEME ne précise pas si c’était le cas du logement étudié. Mais si votre appareil doit tourner presque sans arrêt pour tenir le taux d’humidité, faites poser un diagnostic par un professionnel du bâtiment. Aérer aux heures sèches, dégager les murs des meubles et corriger les arrivées d’eau coûtent souvent moins cher à long terme que des centaines de kWh par an.
Avant de rebrancher l’appareil cet automne, retenez trois gestes : le placer au centre, régler l’hygrostat et mesurer une semaine au wattmètre. Comparez ensuite le résultat aux 352 € par an du cas étudié. Si l’écart est grand, c’est la cave qui a besoin d’un traitement, pas seulement l’air.







