Jardin

Comment bouturer un rosier : quelle période et quelles étapes suivre

Olivier Garnier
Olivier Garnier
septembre 4, 2026 6 min
Tige verte de rosier coupee posee sur terreau humide en pot

Multiplier son rosier préféré sans passer par l’achat en jardinerie, c’est tout à fait possible avec une bouture de rosier. La technique demande un peu de méthode, mais elle reste accessible même sans expérience de jardinage. Voici comment procéder, du choix de la tige jusqu’au repiquage du jeune rosier.

Quand bouturer un rosier ?

La meilleure période de bouturage se situe en août-septembre, quand les tiges de l’année sont devenues semi-ligneuses : ni trop tendres, ni complètement dures. On parle de tige aoûtée, c’est-à-dire une pousse qui a commencé à durcir à sa base tout en restant flexible sur le haut. Cette texture intermédiaire favorise nettement la reprise racinaire.

Certains jardiniers tentent aussi la bouture herbacée au printemps, sur du bois tendre et vert, mais les résultats sont plus aléatoires. À l’inverse, une bouture de rosier en plein automne, sur bois trop dur, met beaucoup plus de temps à s’enraciner. Rester sur la fenêtre d’août à septembre reste le choix le plus sûr pour multiplier un rosier sans complication.

Matériel nécessaire pour bouturer un rosier

Avant de commencer, mieux vaut réunir tout le matériel pour éviter les allers-retours au jardin. Un sécateur propre et bien affûté est indispensable : une coupe nette limite les risques de maladie et favorise une meilleure cicatrisation. Prévoyez aussi de l’hormone de bouturage en poudre, un substrat léger (mélange de terreau et de sable ou de perlite), des petits pots et éventuellement un sac plastique transparent pour créer une bouture à l’étouffée.

Le terreau utilisé doit rester drainant : un substrat trop lourd retient l’humidité et fait pourrir la base de la tige avant même qu’elle n’ait le temps de s’enraciner. Un mélange à parts égales de terreau horticole et de sable grossier convient bien à la plupart des rosiers.

Comment bouturer un rosier : les étapes

Tige de rosier coupee avec trois noeuds visibles sur bois vert

Prélever la bouture

Choisissez une tige saine, sans fleur ni bouton, sur un rosier vigoureux et non malade. Coupez un tronçon d’environ 15 à 20 centimètres, en veillant à ce qu’il comporte au moins trois à quatre nœuds, ces points du bois où naissent les feuilles et les futurs bourgeons. La coupe du bas se fait juste sous un œil, en biais, tandis que la coupe du haut se fait droite, quelques centimètres au-dessus du dernier œil visible.

Travaillez toujours avec un sécateur propre, désinfecté à l’alcool entre chaque prélèvement si vous bouturez plusieurs variétés. Cela évite de transmettre d’éventuelles maladies d’un rosier à l’autre.

Préparer et planter la bouture

Retirez les feuilles du bas de la tige, ne conservez que deux ou trois feuilles au sommet pour limiter la déperdition d’eau tout en gardant un peu de photosynthèse. Trempez la base coupée dans l’hormone de bouturage, qui stimule la formation des racines, puis plantez la tige dans le substrat léger, sur environ un tiers de sa longueur, en veillant à enterrer au moins un œil ou deux.

Arrosez modérément pour tasser la terre autour de la tige sans la détremper. Certains préfèrent tenter la bouture dans l’eau : la tige est simplement plongée dans un verre d’eau claire, changée régulièrement, jusqu’à l’apparition des premières racines. Cette méthode permet de surveiller visuellement l’enracinement, mais le passage en terre reste un peu plus délicat une fois les racines formées.

La technique de l’étouffée pour accélérer la reprise

Recouvrir le pot d’un sac plastique transparent maintient une humidité constante autour de la bouture. Cette bouture à l’étouffée reproduit un effet de mini-serre : pensez simplement à aérer quelques minutes chaque jour pour éviter la moisissure.

Entretien et repiquage de la bouture

Une fois plantée, la bouture doit rester dans un endroit abrité, à lumière indirecte plutôt qu’en plein soleil, qui dessécherait trop vite les tiges encore sans racines. L’arrosage doit être régulier mais léger : le substrat doit rester frais sans jamais être détrempé, sous peine de faire pourrir la base.

Le signe d’un enracinement réussi apparaît généralement au bout de quatre à huit semaines : de nouvelles petites feuilles se forment, preuve que la tige puise désormais ses ressources dans un système racinaire naissant. Le repiquage en pleine terre ou dans un pot plus grand peut alors se faire, idéalement au printemps suivant si la bouture a été réalisée à l’automne. Une protection hivernale (voile d’hivernage ou paillage épais) est recommandée la première saison froide, le jeune rosier restant fragile tant que ses racines ne sont pas bien installées.

Astuces pour maximiser la réussite

Certaines variétés de rosiers anciens ou de rosiers de jardin s’enracinent plus facilement que les rosiers hybrides modernes, souvent greffés. Bouturer plusieurs tiges d’un coup augmente les chances d’obtenir au moins un plant viable, car toutes les boutures ne prennent pas.

Éviter les excès d’arrosage reste le point de vigilance numéro un : plus de boutures pourrissent par excès d’eau que par manque. Un substrat léger et bien drainant, une hormone de bouturage de qualité et une bonne dose de patience suffisent, dans la majorité des cas, à obtenir un nouveau rosier fidèle à la plante mère.

Questions fréquentes sur la bouture de rosier

Jeunes boutures de rosier dans substrat terreux humide

Faut-il bouturer dans l’eau ou directement en terre ? La bouture dans l’eau permet de visualiser l’enracinement, mais la transition en terre demande de la délicatesse. La plantation directe dans un substrat léger reste la méthode la plus fiable sur la durée.

Combien de temps faut-il pour voir apparaître des racines ? Comptez généralement quatre à huit semaines selon la variété, la température ambiante et l’humidité du substrat.

Peut-on bouturer n’importe quel rosier ? La plupart des rosiers buissons et anciens se bouturent bien. Les rosiers greffés sur porte-greffe donnent parfois des résultats moins vigoureux, la bouture n’héritant pas des mêmes racines que le plant d’origine.

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