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Comment lire le schéma électrique pour un va-et-vient ?

Olivier Garnier
Olivier Garnier
août 10, 2026 5 min
Deux interrupteurs muraux connectes par fils electriques horizontaux

Allumer une lampe depuis le bas de l’escalier et l’éteindre depuis le haut, ou commander un plafonnier depuis deux portes d’une même pièce : c’est le principe du va-et-vient. Comprendre le schéma électrique qui permet ce fonctionnement évite les erreurs de câblage et les allers-retours frustrants entre le tableau et la pièce à équiper.

Principe et fonctionnement du va-et-vient

Un circuit de va-et-vient repose sur deux interrupteurs spéciaux, dits interrupteurs va-et-vient, reliés entre eux par deux fils appelés navettes. Contrairement à un interrupteur simple allumage qui coupe ou ferme un seul contact, chaque interrupteur va-et-vient possède trois bornes : une commune et deux navettes. Le courant arrive sur la commune du premier point de commande, traverse une navette jusqu’au second interrupteur, puis repart vers le luminaire selon la position des deux bascules internes.

Le résultat est simple à comprendre une fois le circuit électrique visualisé : peu importe l’interrupteur actionné, il inverse l’état du circuit. Si la lampe est allumée, actionner l’un ou l’autre interrupteur l’éteint, et inversement. C’est cette bascule permanente entre deux navettes qui fait tout le fonctionnement du montage.

Matériel nécessaire pour le câblage

Avant de commencer, il faut réunir deux interrupteurs va-et-vient (à ne pas confondre avec des interrupteurs simples), un luminaire ou point lumineux, du fil rigide de section adaptée (1,5 mm² pour un éclairage classique), des dominos ou bornes automatiques, une boîte de dérivation si le câblage passe par un point central, et un tournevis d’électricien avec testeur de tension. Le circuit doit être raccordé à un disjoncteur dédié à l’éclairage, jamais directement sur une prise de courant.

Le respect de la norme NF C 15-100 impose une section de fil et une protection par disjoncteur adaptées, ainsi qu’un fil de terre relié à chaque appareillage métallique. Ce sont des détails qui semblent secondaires mais qui conditionnent la sécurité électrique de toute l’installation.

Schéma électrique du va-et-vient (2 interrupteurs)

Deux navettes rouges reliant interrupteurs muraux électriques

Sur un schéma électrique classique, la phase arrive du disjoncteur jusqu’à la borne commune du premier interrupteur. Deux navettes (souvent de couleur rouge et orange, ou rouge et violet selon les fabricants) relient les deux interrupteurs entre eux. La borne commune du second interrupteur repart ensuite vers le luminaire, tandis que le neutre arrive directement du tableau jusqu’à l’ampoule, sans passer par les interrupteurs.

ÉlémentFil concernéRôle dans le circuit
Disjoncteur vers interrupteur 1Phase (fil rouge)Alimente la borne commune
Interrupteur 1 vers interrupteur 22 navettes (orange et violet)Transmettent l’état du circuit
Interrupteur 2 vers luminairePhase commutéeAlimente le point lumineux
Disjoncteur vers luminaireNeutre (fil bleu)Ferme le circuit électrique
Tous les appareillagesTerre (fil vert-jaune)Sécurité électrique

Branchement étape par étape

Avant toute manipulation, la coupure du courant au disjoncteur général est obligatoire, puis vérifiée au testeur de tension. Ce réflexe simple évite l’essentiel des accidents domestiques liés au bricolage électrique.

Raccorder le premier interrupteur

La phase venant du disjoncteur se raccorde sur la borne commune (souvent marquée L ou d’une couleur différente) du premier interrupteur va-et-vient. Les deux autres bornes reçoivent chacune une navette, qui partira vers le second point de commande. Ce raccordement électrique se fait généralement dans une boîte d’encastrement murale.

Raccorder le second interrupteur

Les deux navettes venant du premier interrupteur arrivent sur les bornes navettes du second. La borne commune de ce deuxième interrupteur reçoit alors le fil qui repartira vers le luminaire. À ce stade, le circuit électrique est en place entre les deux points de commande.

Raccorder le luminaire

Le fil sortant de la commune du second interrupteur constitue la phase commutée du luminaire. Il se raccorde sur une borne du culot ou du domino, avec le neutre venant directement du tableau et, si le luminaire est métallique, la terre. Une fois les connexions serrées, le disjoncteur peut être réarmé pour tester le fonctionnement des deux interrupteurs.

L’erreur classique : inverser navette et phase

Confondre une navette avec la phase provoque un court-circuit dès la remise sous tension. Repérez toujours les bornes communes (souvent isolées des deux autres) avant de raccorder quoi que ce soit, et coupez le disjoncteur avant chaque intervention.

Couleurs des fils et rôle dans le circuit

Le code couleur facilite grandement la lecture d’un schéma électrique. Le fil rouge (ou marron) désigne généralement la phase, le bleu le neutre, et le vert-jaune la terre. Pour les navettes, les fabricants utilisent le plus souvent un fil orange et un fil violet, parfois un rouge et un noir selon l’ancienneté de l’installation. Ces couleurs ne sont pas normalisées de façon aussi stricte que la phase ou le neutre, il vaut donc mieux vérifier le sens du courant au testeur plutôt que de se fier uniquement à la teinte du fil.

Variantes du montage va-et-vient

Boitier électrique avec interrupteurs et permutateurs câblés

Quand une pièce compte trois accès ou plus, le montage évolue vers un système à permutateur : les deux interrupteurs d’extrémité restent des va-et-vient classiques, mais un ou plusieurs permutateurs à quatre bornes s’intercalent entre eux pour ajouter des points de commande. On parle alors de double va-et-vient lorsque deux luminaires distincts sont commandés séparément depuis les mêmes emplacements, ce qui nécessite un second jeu de navettes et souvent une boîte de dérivation supplémentaire.

Ces variantes suivent la même logique de câblage que le montage à deux interrupteurs, avec un jeu de bornes en plus à raccorder correctement. La rigueur dans le repérage des fils reste la clé pour éviter les erreurs, surtout lorsque plusieurs circuits électriques cohabitent dans la même boîte de dérivation.

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