Multiplier un laurier-rose par bouturage compte parmi les gestes les plus simples du jardinier amateur, au même titre que le bouturage d’un hortensia pour multiplier ses plants. Le Nerium oleander s’enracine facilement, à condition de prélever le bon rameau au bon moment et de respecter quelques règles de base. Voici comment procéder, dans l’eau ou directement en terre.
La réponse tient en peu de mots : on prélève une tige semi-ligneuse en fin d’été, on la débarrasse de ses feuilles basses, puis on la place dans l’eau ou dans un substrat drainant jusqu’à ce que les racines apparaissent, généralement en trois à six semaines (une logique proche de la période et les étapes pour bouturer un rosier). Le reste de cet article détaille chaque étape pour éviter les erreurs qui font échouer un bouturage.
Quand bouturer le laurier-rose ?
Le meilleur moment se situe entre juin et septembre, quand la plante a produit des tiges de l’année encore souples mais déjà un peu fermes à la base. On appelle ce type de rameau une bouture aoûtée, c’est-à-dire une tige qui a commencé à durcir sans être totalement lignifiée. Ce stade offre le meilleur compromis entre souplesse pour la manipulation et vigueur pour l’enracinement.
Il est possible de tenter un bouturage au printemps sur du bois plus tendre, mais le taux de reprise reste inférieur et les jeunes pousses flétrissent plus vite par manque de réserves. En été, la chaleur ambiante accélère la formation des racines, à condition d’éviter le plein soleil qui dessécherait le feuillage restant.
Matériel nécessaire pour le bouturage
Un sécateur bien aiguisé et désinfecté suffit pour prélever proprement le rameau sans écraser les tissus. Prévoyez ensuite un verre d’eau ou un pot rempli d’un terreau léger mélangé à du sable, de l’hormone de bouturage en poudre ou en gel pour stimuler la formation des racines, et éventuellement un sachet plastique ou une bouteille coupée pour maintenir l’humidité autour de la bouture. Un godet individuel facilite aussi le repiquage ultérieur sans perturber les jeunes racines.
Prélever et préparer la bouture de laurier-rose

Sélectionner le bon rameau
Choisissez une tige saine, ni trop jeune ni trop ligneuse, sur un arbuste vigoureux et sans maladie apparente. Une longueur de quinze à vingt centimètres, portant deux ou trois nœuds, convient parfaitement. Évitez les rameaux ayant déjà fleuri, car ils investissent moins d’énergie dans la formation de nouvelles racines.
Tailler et préparer la tige
Coupez la tige juste sous un nœud, à l’aide d’un sécateur propre, en biseau pour augmenter la surface de contact avec l’eau ou le substrat. Retirez ensuite les feuilles du tiers inférieur pour ne laisser que quelques feuilles au sommet, ce qui limite la transpiration et concentre l’énergie de la plante sur l’enracinement. Certains jardiniers pratiquent une légère incision à la base de la tige pour favoriser l’apparition des racines, un geste facultatif mais souvent efficace sur cet arbuste.
Le laurier-rose contient une sève toxique par contact et par ingestion : lavez-vous les mains après manipulation et évitez de vous frotter les yeux durant l’opération.
Bouturer le laurier-rose dans l’eau
Cette méthode reste la plus visuelle et la plus facile à surveiller. Plongez la base de la tige dans un verre d’eau non calcaire, en veillant à ce qu’aucune feuille ne trempe dans le liquide. Placez le récipient dans un endroit lumineux mais sans soleil direct, à une température comprise entre 20 et 25 degrés.
Changez l’eau tous les trois ou quatre jours pour éviter le développement de bactéries et d’algues. Les premières racines blanches apparaissent en général au bout de deux à trois semaines. Cette technique permet d’observer directement la progression de l’enracinement, un avantage pédagogique appréciable pour les débutants.
Bouturer le laurier-rose en terre
Le bouturage direct en substrat donne des plants souvent plus robustes, car les racines s’adaptent immédiatement aux conditions terrestres sans phase de transition. Trempez la base de la tige dans l’hormone de bouturage, puis plantez-la dans un mélange léger de terreau et de sable, à environ trois ou quatre centimètres de profondeur.
Arrosez modérément pour humidifier le substrat sans le détremper, puis couvrez le pot avec un sac plastique percé de quelques trous pour créer un effet de serre. Installez l’ensemble à la lumière, à l’abri du soleil brûlant, et maintenez une humidité constante sans excès d’eau qui provoquerait la pourriture de la tige.
| Critère | Bouturage dans l’eau | Bouturage en terre |
|---|---|---|
| Visibilité de l’enracinement | Directe et facile à suivre | Impossible sans déterrer |
| Robustesse des racines | Plus fragiles au repiquage | Mieux adaptées dès le départ |
| Risque de pourriture | Faible si l’eau est changée | Présent si le substrat reste trop humide |
| Délai avant repiquage | Nécessite un repiquage en pot | Aucun repiquage immédiat requis |
Le signe qui confirme la reprise
Une légère résistance quand on tire doucement sur la tige indique que les racines se sont formées. Une nouvelle petite feuille qui pointe au sommet est un autre indicateur fiable, souvent plus rapide à observer que les racines elles-mêmes.
Entretien et repiquage des boutures

Une fois les racines développées sur deux ou trois centimètres, la bouture issue de l’eau peut être transférée dans un godet rempli de terreau, en prenant soin de ne pas casser les jeunes radicelles très fragiles. Arrosez immédiatement pour tasser légèrement le substrat autour des racines.
Pour les boutures enracinées directement en terre, retirez progressivement le sac plastique sur quelques jours afin d’habituer la jeune plante à l’air ambiant. Placez ensuite le pot à mi-ombre pendant deux semaines avant de l’exposer davantage à la lumière. Le jeune arbuste peut être installé en pleine terre ou dans un pot plus grand l’année suivante, lorsque le système racinaire aura suffisamment gagné en volume pour supporter la transplantation sans stress excessif (pour la suite, consultez notre guide sur la plantation et l’entretien d’un laurier-rose en pot).





